L’uranium est-il une énergie renouvelable ?

Centrale nucléaire

Le terme d’énergie renouvelable se démocratise et est de plus en plus utilisé si bien qu’on a du mal à s’y retrouver et à comprendre quelles sont les sources d’énergie qui sont véritablement renouvelables.

En fait une énergie dite « renouvelable » est une source d’énergie provenant de la nature et dont le renouvellement s’effectue en permanence. Cette notion s’oppose alors aux énergies « non renouvelables » qui sont considérées comme limitées car ayant des stocks qui s’épuisent et ne se régénèrent pas naturellement.

Définition d’une énergie dite renouvelable

Une énergie renouvelable provient généralement de deux types de sources naturelles qui sont des phénomènes naturels induits par les astres :

  • L’énergie solaire avec le soleil qui génère de la chaleur et de la lumière
  • La géothermie avec la Terre qui dégage de la chaleur

On citera aussi : l’air et l’humidité présents dans les nuages, le vent, la force de l’eau et des courants marins ou encore certaines matières organiques animales ou végétales.

Ces sources d’énergies primaires sont aussi appelées énergies propres ou énergies vertes car elles produisent de faibles quantités de déchets et d’émissions polluantes.

Une énergie propre n’est pas une énergie renouvelable

Lorsqu’une énergie est dite propre, ou verte, cela ne signifie pas pour autant qu’elle est renouvelable ! En effet, les stocks de l’énergie propre ne seront pas indéfiniment disponibles et renouvelés.

Par exemple, l’énergie éolienne qui utilise le vent est une énergie renouvelable car elle est produite selon les conditions météorologiques : elle renouvelle plus vite qu’elle ne consomme à l’échelle humaine. A l’inverse, le gaz naturel qui est issu de ressources fossiles provenant la décomposition de biomasse : cette source d’énergie est considérée comme propre car sa combustion produit une quantité relativement faible de polluants atmosphériques lorsqu’elle est utilisé comme énergie.

L’uranium : carburant des centrales nucléaires

L’uranium, aussi appelé « yellowcake », est un élément naturel radioactif provenant de la croûte terrestre. Utilisé pour constituer la première bombe atomique, pour son pouvoir incendiaire ou encore comme pigment dans la verrerie, l’uranium est souvent cité comme étant le carburant principal pour faire tourner les centrales nucléaires.

Découvert au 18ème siècle, l’extraction de ce métal lourd est devenue aujourd’hui une véritable industrie minière : prospection de gisements, préparation des sites pour son exploitation, extraction, traitement, transport et démantèlement sont autant d’opérations nécessaires pour extraire et transformer l’uranium en combustible.

Une fois l’uranium transformé en poudre noire puis en pastilles, ces dernières sont placées dans les tubes en métal des centrales nucléaires et subiront des réactions de fission nucléaire pendant 4 ou 5 ans avant d’être remplacées.

Etant donné tous les efforts nécessaires et l’enrichissement et à la fabrication de l’uranium comme combustible, certaines entreprises réalisent aujourd’hui une dernière étape dans le traitement de cet élément chimique : le retraitement. A l’aide de traitements chimiques et mécaniques, les différents éléments que constituent l’uranium sont séparés ce qui permet une réutilisation du combustible usé à hauteur de 96%.

L’uranium : une énergie renouvelable ?

Si le retraitement de l’uranium permet aujourd’hui de réutiliser ce métal, l’uranium n’est pas à proprement dit une énergie renouvelable.

En effet, l’uranium est une source d’énergie qui s’épuise et ne se renouvelle pas naturellement or la production de l’énergie nucléaire nécessite obligatoirement l’utilisation de ce combustible pourtant disponible en quantité limitée.

La production d’énergie avec le nucléaire, et donc avec l’uranium comme combustible, représente aujourd’hui un tiers de l’énergie produite en Europe. En effet, l’énergie nucléaire fournit de l’électricité en grande quantité mais elle a mauvaise réputation car, mal utilisée, cette énergie pourrait avoir des répercutions désastreuses : armes nucléaires, gestion des déchets nucléaires, accidents, radioactivité, interrogations quant aux vapeurs d’eau dégagées des centrales…

Matière première des centrales nucléaires, l’uranium reste une ressource limitée : son énergie n’est ni considérée comme propre ni renouvelable.